- Je repense au passé. Pas celui dont tout le monde parle et se préoccupe, non pas celui d'il y a deux ou trois ans. Le vrai et pur passé d'il y a quinze ans. Je ne sais pas pourquoi j'ai choisi les quinze belles années derrière moi puisque je suis un léger brin plus vieille. Ce passé. Où tout, selon les vieilles photographies abîmées, me semblait rose. Le passé figé par les photos qui prouvent que l'on a changé. Maintenant, on ne rigole plus pour un oui ou pour un non et on ne pose plus avec nonchalance devant l'objectif. On fait attention à nos moindres faits et gestes dans un monde qui prône la perfection absolue, négligeant le naturel.
Les jeunes n'ont d'yeux que pour Gucci ou Chanel, à l'heure d'aujourd'hui. Alors qu'il y a quinze ans, les culottes 'petit bateau' étaient la mode elle-même. Je vous conte cela avec une pointe de dérision, mais pas tant que cela, finalement. Ce que j'aime dans les anciennes photographies, c'est la simplicité du geste. On ne réfléchit pas à l'image que l'on va renvoyer, juste capter le moindre petit et beau sourire. Tout le monde est apte à le dire et à le penser, mais ce temps me manque. Surement puérile comme attitude. Mais tellement ressentie. Le passé si parfait est lourd à porter car je me dis que le futur ne fera jamais aussi bien. Je m'étais promis de ne pas paraître pathétique dès le premier article.
A l'époque, je lisais « Martine en vacances ». Maintenant, je lis du Beigbeder et feuillette le magazine Grazia. La mode se dépasse. Les sourires sombres, sans éclats ne sont pas affichés. Personne ne veut voir cela.
J'AI POUR BUT DE VOUS FAIRE FONDRE -
Marion.